Les chaussures

Vous entrez dans un magasin de sport pour trouver chaussure à votre pied et là devant un mur de chaussures toutes plus chère les une que les autres un gentil vendeur s’approche de vous et lâche la question fatidique: « Pronateur, supinateur ou universel…elle est comment votre foulé? ». Qu’est ce que j’en sais, moi comment elle est ma foulé, je me regarde pas courir. Ce que je sais c’est que je ne me suis pas fait réformer à cause de mes pieds, donc y sont pas plats. J’apprendrais plus tard durant mon service militaire que tout dépendait du degré d’affaissement de la voûte du pied.

« Alors Monsieur, comment votre foulé? »
« Euh pardon, vous savez-quoi j’en sais rien, mais est-ce vraiment si important que çà?.. »
A écouter les vendeurs, à lire la presse spécialisée, à entendre les marketeur des équipementiers, à compulser les blogs cela semble vital pour nos pieds, crucial pour notre santé et essentiel pour notre corps, vous m’en direz tant. Tout cela bien sûr à grand renfort de dessins et de schémas avec à chaque fois des orientations graphiques très médicales.

supination-pronation-du-pied-Ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est qu’après 4 ans de pratique avec une moyenne annuelle de 1300 km avec 45 000m+, j’ai juste fini par bannir ces mots de mon vocabulaire. Je laisse à tout ceux qui veulent y croire continuer à écouter les sirènes du marketing. Je les connais bien ces sirènes, je les côtoient à longueur de journée dans mon activité professionnelle et ma fonction de chef produit. A force de discussions avec des kinés, des podologues, des posturologues et de lectures en tout genre je me suis forgé mon opinion.  Et tout cela je l’ai testé et vérifié sur des centaines de kilomètre et en usant quelques paires de chaussure sur tout type de profil et de terrain. Aujourd’hui il y a des chose bien plus importantes à mes yeux: le drop et la proprioception! Mais çà on en parle beaucoup moins.

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Je pense que les fabricants n’ont pas voulu prendre le temps d’apprendre aux gens à courir. Plongez-vous un peu dans l’histoire du running, puis du footing et enfin du jogging. Tous ces mots renvoient à l’idée de la course à pied, ces noms sont juste ancrés dans des époques différentes et donc à des marchés différents.

le Swoosh, vous savez la marque avec une virgule posée à l’envers, flaire le bon filon. Dans les années 70 deux charmantes jeunes femmes Veronique et Davina et leur Gym Tonic s’invitent dans votre salon pour nous faire bouger. Les moins de 35 ans ne me comprendrons pas – Véronique et Davina.

Le sport se démocratise en France. La distribution d’article de sport va favoriser ces changements. L’année 1976 verra la canicule, Guy Drut, Les Verts, Le Concorde et l’ouverture du 1er Décathlon. La démocratisation du sport est en marche, il va devenir un marché de masse. Il faut concevoir des produits pour le plus grand nombre et au plus vite. La marque à la virgule va frapper fort en mettant en avant l’amorti de ses chaussures de jogging. De nombreuses marques de running vont voir ensuite rapidement le jour, c’est la course à l’armement sur les mousses, les capsules avec de l’air emprisonné, les gels. On ne sait plus quoi inventer pour se différencier de la concurrence. Les marketeurs et les chefs produits ne savent plus quoi trouver comme nouvelles innovations . Si, eurêka on va donner une dimension médicale à tout çà. Il n’y a qu’a segmenter les coureurs en familles: les pronateurs, les supinateurs et les universels. La machine est en route et elle tourne toujours. Mais, car  il y a toujours un mais dans la vie, il semble que le drop devienne aussi un vrai critère de choix chez certains fabricants, histoire d’apporter un peu d’eau à mon moulin. Je vous parlerais un peu plus en détail de drop mais aussi de la proprioception, ces deux là sont à mes yeux très liés.

Ce qui est sûr, c’est qui si vous courez souvent et de plus en plus longtemps, je ne peux que vous encourager à faire un bilan postural et éventuellement faire des semelles. J’en fais un tout les ans car je porte des semelles ortho et je vous promet que je vois et je sens la différence. Aujourd’hui je prends des montures avec la mention dite « universelle », j’y glisse mes semelles et je prend un drop maxi de 6mm.

Depuis ce genre de régime – semelles et moins de drop -, mes douleurs au niveau de l’iliaque gauche ont complètement disparu. Les vieux démons de mes croisés antérieurs gauche ne viennent me taquiner que lorsqu’il fait froid ou que les pressions barométriques baissent et que la pluie va arriver.

Aujourd’hui une marque a retenue mon attention: Inov-8. Cette marque anglaise offre la particularité pour un même modèle de proposer 2 à 3 drop différents. La coupe bien dégagée des tiges permet à mes malléoles un peu basse et sur l’avant de pas frotter, le confort absolu! J’ai découverts cette marque il y a presque 2 ans et j’en suis devenu complétement addicte. Chaussures, sac à dos, vêtement pluie, tout y passe.

 

 

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3 réflexions au sujet de « Les chaussures »

  1. « …. du running, puis du footing et enfin du jogging. » Les deux premiers termes font référence à des compétiteurs, en course pour le running et à l’entraînement pour le footing, le dernier à la grande masse, sans rien de péjorative. 99% des gens ne savent pas courir, attaque du talon, épaules droites ou en arrière, bassin sur l’avant, déséquilibre total et toute la traumatologie associée. Pourquoi ? Parce que personne ne leur a appris, ne les a corrigé (bien que toutes est eu à faire des tours de stade sous le regard d’un prof d’EPS en surcharge pondérale moulé dans un survêtement trop petit). Les athlètes eux sont corrigés, dès le départ. Amplitude, fréquence, attaque du pied, avancée des épaules … en plus du renforcement musculaire et pas seulement les jambes. On court avec ces bras, ce sont eux qui donnent le rythme et le placement, les épaules qui permettent au bassin de rester dans l’axe. Les quadriceps qui permettent de monter le genoux pour avoir l’amplitude qui fera que l’on attaque de l’avant de l’appui et non pas du talon. A t-on jamais vu un athlète du 100m au marathon attaquer le sol du talon ???? La position naturelle, épaule un peu sur l’avant, ce qui veut dire du gainage, montée de la jambe avec le talon qui remonte sur la fesse et le quadriceps presque au dessus du bassin pour ensuite déployer la jambe vers l’avant. Il y a des vidéos qui montrent bien le mouvement vertical du bassin qui suit une sinusoïde alors que la plus part des joggeurs font suivre à leur bassin une translation, d’ou l’absence de place pour la jambe à se déployer et donc un effet de fouet jambe tendue et attaque talon … Malin les fabricants comme tu le dis surfent sur la tendance et oeuvre à fabriquer des chaussures avec un amorti talon en délaissant l’avant des appuis (courant sur l’avant des appui j’ai un mal à trouver des chaussures en 2016 qui amortissent aussi bien et durablement qu’une paire de pégasus des années 90). Et pourtant, il suffira d’apprendre à nos enfants à « garder » ce qu’ils savent faire naturellement dans la cour de récréation, courir placer comme le faisaient nos lointains ancêtres dans la savane, courir étant bien le geste le plus naturel qui soit.
    Et oui 100% d’accord pour le bilan postural, nul n’est symétrique, que ce soit pour courir pour s’asseoir sur une selle, un bilan est le garant de bien des soucis en moins.

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