ITT, le Trail le plus haut d’Europe

Le 80 km du Mont Blanc a peine achevé que l’on commence à partir en chasse d’une nouvelle course, d’un nouveau défi où va t-on bien pouvoir poser ses chaussures cette fois. De vidéo en vidéo, merci YouTube, de site en site je finis par atterrir sur de magnifiques paysages. Vous savez le genre de paysage où vous n’avez qu’une envie: y être. Je suis sur le site de l’ITT, rien a voir avec une Interruption Temporaire de Travail, on parle ici de l’Ice Trail Tarentaise; la couleur est clairement affichée c’est le tracé le plus haut d’Europe. Un sacré morceau, 3 passages à plus de 3000m et quelques 7 passages à plus de 2500m un parcours de haute montagne mais en tenue de traileur; une expérience unique à vivre.

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En plus çà tombe bien il y a deux autres courses, bon pour le Team. Des distances abordables pour la plupart des personnes du Team, un point un peu bloquant? La course se déroule début Juillet et certains seront peut être déjà en congés annuelles. Nous sommes à presque un an de la date, le coach a largement le temps de préparer les programmes d’entrainements.

La difficulté sur ce tracé de 8à km sera l’altitude. Il n’y a pas dans notre terrain de jeu de l’arrière pays Niçois de tels profils. Les 3000 ne courent pas les rues, pas grave on fera avec. Nous serons 3 sur le 80 km, 2 sur le 30 km et 3 sur le 20 km. On va tous en prendre plein les yeux… 

Au regard des conditions météo parfois rencontrées sur l’ITT, il va falloir tester de nouveaux types de vêtements pour affronter correctement le froid, le vent et l’altitude. Notre terrain de jeu avec Christophe, dont le surnom est Le Sanglier, sera du côté des sommets de Coursegoules. Bonnets, buffs, gants, sous gants, sous-couches thermiques, collants, chaînes… il faut trouver les équipements les mieux adaptés. Il ne faudra pas non plus oublier de tester un peu d’éclairage pour la partie nocturne de l’ITT.

Histoire de se rapprocher le plus des conditions que l’on risque de rencontrer le jour J on part de bonne heure, un petit aperçu en vidéo: Entraînement en vue de l’ITT

Un passage chez l’osteo pour remettre le bonhomme d’équerre, bilan postural et surtout test d’effort pour être sûr que tout va bien de ce côté là. C’est un GO de l’ensemble des professionnels de santé.

Jour J heure H, le réveil sonne de (très) bonne heure, le départ est donnée à 4h00 du matin encore un truc qui pique les yeux et les muscles. Comme d’habitude la sono crache ses watts…3, 2, 1, 0 c’est parti! On quitte Val d’Isère pour prendre une longue montée en forêt pour ensuite plonger sur Tignes. Une superbe descente après avoir avalé les plateaux d’alpage. La frontale Black D Icon fait merveille. Je cours plein phare, le pied intégral, les quelques coureurs que je rattrape me voient arriver et se mettent gentiment sur le côté, même plus besoin de hurler: Gauche! Gauche!

On longe le lac de Tignes pour ensuite remonter les pistes de ski pour un superbe final sur le glacier de la Grande Motte à plus de 3600 m d’altitude. Allez on sert les dents, le 1er ravito au restaurant Le Panoramique n’est plus très loin. Je chausse les chaines obligatoire pour l’ascension du glacier, on remonte une piste rouge de ski dévalé pour de jeunes riders en surf, irréel! Je vais commencer mon ascension quand je croise le coach, il vient de terminer le up and down sur le glacier quelques mots rapides et c’est parti pour trois heures de grimpette.

A partir de 2800 m, je débranche….un pied c’est un pas, un pas c’est pied, un pied c’est un pas et un si de suite jusqu’au sommet. Mais avant il y aura plein de pieds et de pas et quelques surprises Made in ITT. La première? Un passage de crevasse à quatre pattes sur des échelles. Deuxième surprise? Un p’tit peu d’escalade. Grimper sur de la roche avec des chaînes sur des chaussures de Trail, c’est comment dire…disons que la force soit avec toi. A plus de 3000 m ces surprises pompent un maximum d’énergie, je suis vidé. Enfin on arrive sur l’arrête du glacier, c’est une tempête de ciel bleu. Un panorama a en faire tomber les bras et à en perdre ses jambes. Un gel histoire de se sucrer un peu avant la descente et retrouver un peu de lucidité. On est sur un glacier et même avec les chaînes sous les pieds, çà glisse. Et enfin arrive la troisième surprise, désescalader une barre rocheuse en tenant une simple corde. Irréelle! Tout se bouscule dans la tête, courir marcher, glisser…un pied un pas, un pas un pied et de pas tomber, êtres sûr de ses appuis. Je ne suis plus tout seul, je suis habité et la haut dans ma tête il y a du monde.

Je viens de passer le premier sommet à 3600 plus que deux et un quart de la course a été avalée mais en consommant une bien trop grande quantité d’énergie! Allez on relance vers le pointage suivant avant de descendre ce qu’on vient de monter. Encore un gel, je suis vidé. Je m’hydrate et je mange une barre. C’est fou comme l’attitude aspire votre énergie. Je suis comme siphonné, plus grand chose sous les pieds. Pour couronner le tout, les première crampes font leur apparitions. Dès que je pousse un peu fort je sens les muscles du mollet qui se contractent. On continue, on débranche le cerveau une deuxième fois. Encore et toujours avancer. Pas le choix, seul sur le glacier, le bus de 10h17 ne viendra pas me chercher ici, on se bouge!

On est redescendu de quelques mètres, on recouvre un peu en lucidité. Discussion avec le pointeur de l’ITT au télécabine du glacier; la prochaine barrière est dans une quinzaine de kilomètres. Je sors mon antisèche. Une impression plastifiée avec la topo de la course, les barrières horaires et le kilométrage. Une grosse heure pour quinze km avec une bonne bosse avant le ravito. Que faire? Afficher quinze kilomètres de plus au compteur avec un risque de chute dans la descente? De toute façon, je ne passe pas la prochaine barrière horaire. Je demande au pointeur qu’elle est la meilleur alternative pour rejoindre Val d’Isère pour retrouver la Team, ici maintenant ou là-bas tout à l’heure. Ah c’est ici le plus simple et le plus rapide? Alors merci de neutraliser mon dossard. Terminus tous le monde descend! Fin de l’aventure ITT. Au revoir l’ITT! Je pourrais toujours dire que j’ai réussi à trottiner à 3600 m d’altitude.

Dans le télécabine qui me descend vers Tignes, je reçois un SMS du Sanglier. Lui aussi vient de décider d’arrêter, il est 15 km devant mais son genou le rappel à ses bons souvenirs. La sagesse l’emporte, il décide comme moi la mort dans l’âme de dire STOP. Seul le coach Alex ira au bout de cette épreuve mythique de Sky Running. Il ne rentrera pas dans le classement scratch avec son nom car en partant de l’appartement à 3h du mat, il à pris le dossard de Gronain.

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Un petit problème de dossard

Les coureurs engagées sur le 80 km avait des dossards en centaine alors que ceux du 30 recevaient des dossards dans les milles. Autres Pettinaillades? Pas de pile dans la frontale, c’est ballot pour un départ de nuit…et dire qu’il pensait avoir la frontale la pus légère du marché.

Il y a encore quelques mois le coach était sur son lit d’hôpital suite à un très grave accident de scooter. Les broches encore en place ne l’auront pas empêché d’être finisher de cette superbe course. Ce mec est une machine et c’est notre coach!

Il restera ces quelques images : ITT 2015 et des souvenirs plein la tête! Encore à ce jour ce run est l’un des plus difficile qu’il m’ai été donné de réaliser.

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