Le Trail de trop 2/2

Le dernier carré fini par me dépasser, la petite dizaine de coureur s’intéroge sur mon état. Pour le moment çà va, de toute façon ils ne peuvent pas faire grand chose de plus pour moi. Je leur demande juste de prévenir le ravito. Au pire du pire si je ne peux plus marcher, ou que je ne me sens pas bien, je me roule dans ma couverture de survie en attendant le passage du fermeur/débaliseur. J’ai les gants, le bonnet, le coupe vent je serais au chaud et j’ai de quoi boire et manger.

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Le village du Peillon

On serre les dents après deux heures de marche cahin-caha,  j’ai fini de me refroidir et la douleur commence à grimper doucement mais sûrement. Il doit me rester 5 bon kilomètres je me déplace à 2.5km/h max, je décide de refaire un stop pour m’avaler 1000g de paracétamol. Le fermeur/débaliseur me rattrape dans la descente qui mène au village du Peillon. Il prend de mes nouvelles et décide d’informer le PC course et le ravito pour faire déclencher la chaine de secours. En effet l’équipe du ravito que nous allons rejoindre ne rentre pas sur La Turbie, il se repositionne sur un autre endroit de la course et ne rentreront que dans 6 heures. Pas question qu’on me laisse dans cet état. Les pompiers sont donc demandés en renfort pour venir me chercher et m’évacuer sur La Turbie.

Je ne savais pas que le sang était si corrosif, le collant de la bande Strappal ne tient plus. Je suis bon pour refaire un tour de plus avec de la bande « fraîche ». Il reste encore 4 km, « mais il est où ce putain de ravito? », je serre les dents et comme en course je débranche le cerveau car à force de tirer la patte je commence à avoir mal à la hanche. Il faut gérer cette nouvelle information. J’arrive à peut prêt à déplacer un point de douleur dans une zone de mon corps où elle serait plus supportable mais là avec deux sources çà devient plus compliqué. On croise quelques randonneurs, qui s’inquiètent et lâchent des paroles de réconfort qui font du bien au moral et permettent de penser à autre chose que ces foutues douleurs.

Le pompier fait la liaison avec nous sur le dernier kilomètre, on tient le bon bout. Il vient aux nouvelles et me demande comment cela est arrivé et ce que j’ai fait. Il m’annonce qu’il n’aurait pas fait mieux et il décide de me refaire un bandage un peu plus digne et surtout plus propre. Il coupe les 2 épaisseurs de bande et retire délicatement les compresses, à peine soulevées et les saignements repartent de plus belle. Hop compression! Il y laissera 3 ou 4 pochettes de compresse et 3 bandes velpeau. Je le laisse ranger son sac et je repart pour les dernières 45 minutes de marche. Elles seront longues, très longues, une éternité mais enfin on arrive au ravito où le 4×4 des pompiers m’attend. On patiente une dizaine de minutes et mon ami le pimpon avec son gros sac et ses bottes pointe le beau de son nez. Direction La Turbie puis les urgences de Monaco. En descendant sur La Turbie je croise Seb et Dbo qui doivent se poser  pas mal de question, on les appellera plus tard.

Résultat des courses 13 points de suture, 3 en internes et 10 en surjet et au final une rotule fêlée qui aura été diagnostiqué fracturée sans déplacement. Je suis bon pour une attelle de zimmer! Cet incident de parcours va retarder un peu le programme de préparation de l’UT4M. Je risque de perdre quelques précieuse semaines de préparation, sans compter qu’il faudra reprendre du muscle dans la cuisse.

Comme quoi, il faut toujours se méfier de la dernière course et ne pas négliger le repos, encore une belle expérience et riche d’enseignements. Quelle que soit la distance toujours partir avec un kit 1er secours, je me demande comment tout çà se serait terminé si je n’avais rien eu avec moi car renseignement pris le fermer/débaliseur n’avait rien avec lui. Et puis il va falloir intégrer une nouvelle donnée, je commence à doubler et pour çà il va falloir travailler la lecture du terrain et ne plus regarder 2 à 3 foulées devant mais bien plus afin de prévisualiser les différentes options de passage. Il faudra aussi penser à avoir une meilleure lecture du sol en fonction des conditions météo. Et pour finir, se méfier des coureurs avec des écouteurs!

 

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5 réflexions au sujet de « Le Trail de trop 2/2 »

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