L’enfer de la Colmiane…

Dans le programme de charge en vue de l’UT4M, nous avions décidé de mettre au calendrier d’entraînement le Trail de la Colmiane, un 23 km avec 1800m+; une grosse montée, une grosse descente, bref un profil idéal pour faire mes gammes cardio à la condition de faire une deuxième boucle en mode rando. Il est fou ce coach…
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Dimanche matin debout de bonne heure pour rejoindre la Colmiane, je dois y retrouver Dbo et Seb. J’arrive sur place et c’est une tempête de ciel bleu qui s’abat sur les massifs de la Colmiane. Il va faire chaud!
Je retrouve Dbo mais Seb est forfait, il a envoyé un SMS vers 4h du matin. La nuit aura été chaude pour lui. Le départ est donné pour 9h00; pour la 1er fois le « GO » sera donné avec 3 minutes d’avance.

Allez c’est parti, pour 23 km dont quasiment 12 km de montée et 1800 m+ en une fois. Je me sens bien et je me laisse aspirer par le peloton et ce sera là mon erreur mais çà je ne le sais pas encore.

Les deux premiers tiers de la montée se passent bien, je gère la montée et le cardio n’est pas trop haut et le tempo est bon. Je crois encore pouvoir faire ma 1ère boucle en 4h30, en mon for intérieur j’espère même sortir un 4h00 – 4h15! Je passe des participants qui semblent déjà en difficulté. Le mental est à bloc.

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on y croit encore, la foulée, le port de tête… Tout y est!

Tout va pour le mieux jusqu’au 1er ravito. Il fait chaud, j’ai déjà descendu 500 ml de liquide. Comme toujours je prend mon premier gel après 60 min de course, je sais qu’en partant un peu vite j’ai tendance à taper dans les sucres.

On prend de l’altitude, la vitesse chute un peu et la respiration se fait plus courte. Le dessous du pied gauche commence a me faire un peu souffrir, j’espère que cela ne va pas s’aggraver; il reste encore pas mal de borne à faire. La voûte plantaire aurait-elle du mal avec les nouvelles semelles? Bizarre sur le 19 bornes dans les baous du côté de St Jeannet la semaine dernière, je n’avais rien ressenti.

En route pour le deuxième tape cul de cette ascension infernale, j’essais de maintenir le tempo, et là surprise! Quand je pousse un peu fort, je ressens dans la cuisse des contractures qui me déplaisent: les crampes sont en train de toquer à la porte. Je passe un peu plus sur l’avant, histoire de passer un peu plus sur la pointe des pieds et là pan c’est dans les mollets que çà tiraille. Pas bon du tout çà! Allez on s’hydrate et on avale un gel anti-oxydant. Dbo me passe, elle me demande si tout va bien? Je lui dis juste que le dessous des pieds me fait mal. Je serre les dents, je relance, j’appuie sur les bâtons, je m’insulte à voix basse, j’essaye de remettre du rythme mais rien n’y fait Dbo me pose une mine. La prochaine fois que je la verrais, ce sera sur la ligne d’arrivée. Elle me prendra 45 minutes…

Je débranche le cerveau, vous savez un pied c’est un pas, un pas c’est un pied. Des petits pas réguliers mais jamais je ne m’arrête. L’avantage en ce rapprochant du sommet et de ses 2674 m, c’est qu’on bénéficie de la climatisation automatique. Le petit vent frais fait baisser la température. Enfin le sommet, après 3 heures d’effort. Les objectifs temps viennent juste d’exploser en éclat, une heure dans la vue. Je n’ai plus de jambe et le dessous du pied me fait de plus en plus mal. Allez on sert les dents et on gère la descente. Un petit sourire pour la photo souvenir et j’attaque la descente. La trouille de la chute me saute au visage, vas y mollo pas le moment de se prendre une gamelle et de mettre en péril l’UT4M.

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Il a eu peur que je lui prenne la pancarte

Comme pour l’ascension une partie de la descente se fait hors sentiers, on courre, je marche dans une herbe bien grasse. Quel dommage de ne pas pouvoir allonger, c’est tellement souple sous les pieds. J’ai presque envie de poser mes fesses par terre, retirer mes chaussures et faire baisser la température de mes dessous de pieds qui me font souffrir et qui crient au secours! La peur de ne plus repartir m’empêchera de le faire.

Deux jeunes qui m’avaient déposé dans la monté semblent en perdition, y a pire que moi. Je les double, je rigole mais je ne me moque pas car je me fais reprendre par ce qui doit constituer le dernier carré de coureurs.

Le ravito du 16ème kilomètres est là devant moi. Je suis à sec depuis une bonne 1/2 heure, j’aurais avalé une litre en 10 bornes! Une petite pause, deux trois paroles échangées avec les bénévoles. On refait les niveaux, de l’eau bien fraîche, un pur bonheur.

Un seul mot et je dis oui, j’arrête! Le mot ne sera jamais prononcé, je reprend donc ma route. La pente est douce, c’est de la piste forestière avec de l’herbe. Bouge tes fesses mon grand, tu trottines et t’es à peine à 6km/h. Allonge! Un peu, juste un peu, les crampes sont toujours là. Un couple me passe, une coureuse isolée me reprend dans un faux plat montant, je n’arriverais à en accrocher aucun. « Hey Coach tu sais quoi? Ton deuxième tour tu peux te le mettre tu sais où! »

Je débouche enfin sur le parking de la Colmiane… il y a un peu de monde çà rebooste un peu le mental. Quelques mots gentils et des encouragements fusent, c’est juste irréel!

Les organisateurs ont glissé quelques petits amuses bouches pour le final, un enfer pour mes pieds, mes cuisses et mes mollets; seul mon mental se régale. Lui au moins il n’aura pas chômé, pour ce run çà aura été entrées froides, entrées chaudes, plats de viandes blanches et rouges et les poissons, salade, fromages, desserts, café et pousse café, royale au bar!

IMG_4542 La ligne d’arrivée n’est plus très loin, on annonce déjà les résultats…Je suis vraiment à la bourre où ils sont tous pressés d’aller voir le match des bleus! A 15 heure se joue les 8ème de finale de l’Euro contre l’Irlande.

On scande mon prénom! J’ai pris un coup de chaud sur la tête, v’là que j’ai des hallucinations. Non c’est Véro un prestataire de service pour le boulot, elle réalise nos stands pour le salon de la plongée. Elle est encore là avec Dbo et m’encourage avec ses copains et copines. Merci à elle pour cette photo de votre serviteur dans les derniers mètres.

Encore quelques foulées, et je pourrais me mettre pieds nus et mettre mes orteils dans cette herbe bien verte, bien grasse et tellement fraîche, un pur bonheur!

La description de la course de la brochure Challenge Trail 06 ne ment pas : « il demande, par conséquent, une gestion d’effort parfaite, sous peine de finir la compétition dans de très mauvaises conditions! »

Çà a été mon cas, j’ai tellement été  dans la gestion du mental et de la souffrance que je n’ai même pas eu la présence d’esprit de prendre quelques photos alors que les paysages étaient juste magnifiques. Cette course aura été un enfer…Reste analyser pourquoi ces crampes et cette douleur sous le pied et éviter de telles situations sur l’UT4M.

 

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