Bien aborder son 1er Ultra

L’idée de courir le double de mon âge en kilomètre a germé dans ma tête le jour où je rentrais dans ma 50ème année. En effet, l’année où je soufflais mes 49 bougies , je décidais de participer à l’UTCAM et avec seulement quelques mois de préparation.
Pêché d’arrogance de ma part, je n’étais physiquement pas assez préparé mais surtout je n’avais absolument pas fait de travail mental en vu de parcourir une telle distance. Je suis sorti plus fort de cette épreuve, je savais désormais ce qu’il fallait mettre en place pour atteindre cet objectif.

Mon premier 100 km sera le 20 Août 2016, il sera couru 4 jours avant que je ne souffle mes 51 bougies. J’avais 361 jours devant moi pour continuer ma préparation physique et commencer à mettre en place un travail mental et réfléchir à une stratégie avec le Coach Alex pour atteindre l’objectif. C’est donc dès le lendemain de mon anniversaire que je commençais à poser l’équation de mon 1er Ultra Trail.

Objectif avec le coach: travailler l’endurance! Il me faudra donc pratiquer quelque chose que je n’aime pas: LE VÉLO, mais bon il faut en passer par là. Ce sera donc quelques 35 week end sur home trainer avec à chaque fois 3 à 6 heures de travail.

En plus des séances de vélo, il y a la PPG. Tous les jours, il y des squats, des dips et du gainage. Je transforme tous les gestes de la vie quotidienne en exercice. Rasage, lavage de dents, cuisine, repassage, vaisselle se transforment en séance de flexion sur cuisse sur une ou deux jambes. A la maison on me prend pour un doux dingue! Et puis il y a les séances avec la Run Team Aqua Lung, mon moteur. Deux fois par semaine le coach vient entre midi et deux pour une heure d’entraînement. Comme c’est bon de s’entrainer tous ensemble. Le reste de la semaine je cours seul et je place des séances de seuil, de fractionné, de fartlek. Tout y passe! Pas un jour ne passe sans que je ne fasse une activité physique et en Décembre je participe à ce que j’appellerais plus tard le trail de trop (chapitre 1, chapitre 2) et là c’est l’accident! Bilan une rotule figurée, treize points de suture et plusieurs semaines d’arrêt total. Il va falloir repenser le programme d’entraînement et profiter de cette période de repos forcée pour commencer le travail mental et celui de l’électro-simulation.

J’utiliserais mes connaissances et mes souvenirs en PNL (Programmation Neuro-Linguitique) pour préparer ma course. L’idée est de mobiliser les ressources de mon inconscient. Ces dernières sont constituées d’expériences ou de connaissances oubliées, de dons encore inexploités qui ne demandent qu’à s’exprimer… Le but est de renouer avec la performance, c’est-à-dire avec ma créativité et ma capacité à m’adapter à une situation. Cela s’appelle la «modélisation». Mieux connaître les moments où l’on se sent efficace et compétent permettent alors de construire une «boîte à outils», dans laquelle je puiserais à loisir au moment de faire face à une situation difficile.

A l’aide du road book coureur, des cartes IGN, de la topo et des photos de l’UT4M je me suis projeté dans la course depuis le départ jusqu’à l’arrivée. Je n’avais pas le temps de faire des reconnaissances, il fallait donc construire une image la plus précise de la course. J’ai imaginé je ne sais combien de scénarii en appliquant aussi ce qu’on utilise en plongée sous-marine et en analyse de risque: le « Do It Right » et le « What If ». Je me projetais avec différentes conditions de course: le chaud, le froid, le sec, le mouillé, le vent, le brouillard. J’ai même imaginé des scénarii avec ces chutes et des blessures. Non content de construire ma « boite à outil », il fallait la remplir au maximum de sa capacité.

Il me fallait faire le plein de choses positives, je savais que mes peurs et mes pensées négatives risquaient d’alimenter mon stress lors de la course. Elles devaient rester en dehors de mes schémas le plus possible car je savais que si je leur laissais trop de place, elles risquaient de m’envahir et de potentiellement anéantir ma prépa physique. Tout ce travail de projection et d’encrage (vue, odorat, goût, ouïe, toucher) me permettaient de mieux accepter mes peurs et ainsi autoriser mon esprit à conserver une attitude positive.

Le dernier stroke positif et non prévu fut l’annonce de la venue du Coach et de Kris sur la course en tant qu’accompagants. La boîte à outils était solidement construite et pleine. Le jour de la course, tout ce travail m’a permis de vivre sereinement mes 19 heures d’effort et de finir mon 1er ultra-trail. La fameuse boîte m’a permis de gérer les deux heures de passage à vide entre la 8ème et 10ème heures de course. J’avais suffisamment de pièces de constructions mentale pour assembler une nouvelle structure et ainsi me sortir de cette spirale négative et destructrice.

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